Appel à Participation:"Poésie et mémoire nationale au Cameroun"

Publié le par centre culturel francis bebey

      De 1914, date de l’assassinat des premiers résistants à l’occupation coloniale à 2009 époque des actualités « démocratiques », une bonne littérature de la mémoire s’est écrite au Cameroun. Romanciers, dramaturges et poètes ont presque également prêté leur voix et plumes à des figures et des situations dont le destin se confond à celui de tout un peuple. Mais l’écriture, quand elle n’a pas pu être témoin, s’est efforcée de rentrer dans les soutes de l’histoire, d’en extraire les impérissables agrégats et d’en restituer les sombres et glorieuses aspérités. Les poètes dont on a si peu entendu la voix n’ont pourtant pas cessé un instant, à travers leurs vers et strophes étincelants, de restituer le parcours d’une communauté humaine en quête douloureuse et infatigable d’elle-même et du monde. La poésie camerounaise est historique. Elle est traversée de tous les courants et moments qui ont marqué le pays occupé puis « indépendant ». Une rhétorique et une imagerie du rappel la strient et en font un « document » au sens que l’historiographie moderne donne à ce terme, tout en demeurant des textes profondément littéraires.

   C’est fort de ce qui précède que La Ronde des Poètes du Cameroun et l’association Les Amis de la Littérature se proposent d’organiser en août prochain, mois de la pendaison en 1914 de Rudolph Duala Manga Bell et de la fusillade de Martin Paul Samba, résistants à l’occupation allemande, une table ronde et une grande soirée de déclamation poétique.

   La table ronde qui intervient 95 ans après l’assassinat de Manga Bell et Samba par l’occupant Allemand, portera sur le thème « poésie et mémoire nationale ». L’occasion sera idoine pour examiner et questionner en profondeur la production poétique camerounaise à travers ses auteurs, ses publications, ses courants mais aussi la ritualisation de l’écriture de la mémoire qui s’est opérée au Cameroun par une sorte de recomposition de l’histoire détruite et dévoyée.

   La grande soirée de déclamation de poèmes se propose de rassembler les poètes de la première génération encore vivants et ceux qui ont suivi pour parvenir à une véritable osmose intergénérationnelle. Les deux lieux qui accueilleront cette exaltation de la mémoire sont le Centre culturel Francis Bebey, maison d’animation intellectuelle et artistique de proximité de la Ronde des Poètes sis à Melen, et le Panthéon Oyem qui est le siège de l’association Les Amis de la littérature situé au quartier Ngousso à Yaoundé.

      Tous ceux qui souhaitent participer à cette initiative peuvent nous contacter à l’adresse suivante :
La Ronde des Poètes / Les Amis de la Littérature - BP 6627 Yaoundé – Cameroun Tél. +237 99 77 10 99 / 77 57 75 59- e-mail : larondedespoetes@yahoo.fr, ccfrancisbebey@yahoo.fr

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Dr. Nana Tadoun Guy Merlin 12/07/2009 20:58


Voilà une autre initiative susceptible de reparcourir autrement les chemins obsurs qui zèbrent l'histoire profonde et quelque peu oubliée du terroir. Qui a dit que seuls les historiographes font, refont, déforment ou tentent de retracer les pages de la Mémoire? Ici, en cessant d'être elle-même, c'est-à-dire d'être une fin en soi, la littérature s'allie au passé camerounais pour véhiculer irréversiblement les débris ensilencés de ses tares. Il est temps que revienne au galop la problématique de la mémoire historique du Cameroun.

centre culturel francis bebey 13/07/2009 12:16



Cher Dr. Nana,

Nous tenons à vous remercier pour cet intéressant commentaire. Nous sommes très heureux de constater que des innitiatives, bien que modestes mais suffisament sincères, comme la nôtre trouvent un
écho favorable auprès d'esprit aussi avérés et engagés que le votre.

Il est en effet tant que "revienne au galop la problématique de la mémoire historique" bien souvent releguée, pas au second plan, mais au dernier plan des préoccupations nationales (si on ne
tente pas simplement de la raturer ou de l'effacer). Et nous comptons bien apporter notre petite pierre à la construction de l'édifice. Encore "et", nous ne doutons pas un seul instant, de
pouvoir compter sur votre soutien.

Une fois encore, merci de votre commentaire. C'est une marque de soutien et nous espérons en partager encore d'avantage venant de vous!